Du 26 juin au 23 août 2026, INBOX présente On Saints and Monuments de Denys Shantar, artiste, chercheur et autodidacte-théologien queer ukrainien-suisse basé à Anvers.
La présentation s’ouvre avec une preview lors de l’ouverture de saison, le jeudi 25 juin 2026, de 20:00 à 23:00.
On Saints and Monuments
Comme point de départ, j’ai pris le monument colonial du Congo belge dans le Stadspark d’Anvers, situé près de chez moi. Je n’ai cessé de me demander : que peut faire un artiste — et un outsider — face à un monument colonial ?
Le monument a déjà fait l’objet de protestations à la peinture rouge, et des initiatives plus formelles ont été menées par le parti Groen et le Middelheim Museum afin de le contextualiser. Pourtant, à ce jour, le monument reste intact, sans aucune information, protégé comme patrimoine au nom de l’argument familier de la “préservation de l’histoire”. Mon idée était simple : demander des parties du monument en prêt et les préserver temporairement à l’intérieur du musée d’art contemporain.
Comme ma pratique artistique s’articule autour des saint·es — que j’utilise pour interroger les croyances conservatrices et nationalistes — j’ai rencontré les figures du bienheureux Isidore Bakanja et de la bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta. Bakanja est une figure particulièrement frappante : un travailleur congolais tué par un agent de plantation belge au Congo belge, l’annexion même que célèbre le monument du Stadspark.
L’histoire de la bienheureuse Anuarite est tout aussi complexe. Son nom résulte d’une erreur administrative commise par des religieuses belges, qui ont enregistré le nom de sa sœur au lieu du sien. Née Nengapeta, baptisée Alphonsine, puis ayant pris le nom de Marie-Clémentine comme religieuse, elle fut tuée en 1964 après avoir refusé les avances d’un colonel rebelle. La rébellion elle-même était une conséquence directe de l’assassinat du premier Premier ministre du Congo, Patrice Lumumba — un événement dans lequel la Belgique fut directement impliquée.
Mettre ces deux martyrs congolais — officiellement reconnus par le Vatican — en confrontation avec le monument colonial m’a semblé être un geste logique et nécessaire. Leurs vies et leurs morts exposent la violence derrière la soi-disant “mission civilisatrice” et révèlent le coût humain dissimulé sous la rhétorique de la préservation du patrimoine.
À propos de Denys Shantar
Denys Shantar (*1997, Kherson) est un artiste, chercheur et autodidacte-théologien queer ukrainien-suisse basé à Anvers, avec une formation en théâtre et en religion orthodoxe orientale. Il est actuellement chercheur à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers avec son projet “God save the Queer(s)”.
Dans sa pratique artistique, Shantar puise dans ses expériences de migrant queer ayant grandi dans une communauté religieuse orthodoxe orientale à Zurich, ainsi que dans sa recherche d’appartenance, d’identité et de guérison. Il travaille principalement avec le collage textile, en utilisant des matériaux recyclés et offerts, mêlant des hagiographies à sa propre éducation et à une perspective queer, reliant le personnel à des événements sociopolitiques et historiques actuels.
Il a exposé dans plusieurs institutions et espaces internationaux, notamment : Z33 House for Contemporary Art Hasselt (BE), Helmhaus Zurich (CH), GfzK Museum for Contemporary Art Leipzig (DE), Middelheim Museum Antwerp (BE), Komplot Brussels (BE) et Cas-co Leuven (BE). Son travail figure également dans des collections publiques : Holland College KU Leuven, Sint Andrieskerk Antwerpen et le Museum voor Moderne Religieuze Kunst à Koekelberg.
Infos pratiques
Date : 26.06–23.08.2026
Preview : jeudi 25.06.2026, 20:00–23:00, lors de l’ouverture de saison
Lieu : Muhka, étage +5, INBOX
Accès : Entrée gratuite.