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Maarten Inghels – Code des voleurs

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25 Sep - 25 Oct 2026


Onboards Biennale transforme le paysage urbain anversois en une exposition interactive, en réinterprétant les panneaux publicitaires comme des espaces de rencontres artistiques collectives. L’édition 2025 avait pour thème les « relations ». Le jury d’Onboards Biennale 25 a sélectionné l’artiste Maarten Inghels pour une présentation dans INBOX.


Code des voleurs     |     À propos de Maarten Inghels     |     Informations pratiques


Code des voleurs

Un système de signes personnel

Depuis 2024, Maarten Inghels appose son propre système de signes sur les trottoirs des villes qu’il traverse. Pour chaque porte d’entrée, il choisit avec soin un symbole en fonction de ce qu’il peut découvrir sur l’habitant à travers la fenêtre ou la boîte aux lettres. Possède-t-il beaucoup de livres ? Un chat est-il assis sur le rebord de la fenêtre ? Entend-il un chien ? Des affiches à la fenêtre révèlent-elles quelque chose sur les préférences politiques du résident ? Y a-t-il une caméra de surveillance ? Un jardin ou une piscine ?

À travers cette intervention dans l’espace public, Inghels examine et documente la notion stigmatisante de code des voleurs. Dans le même temps, il cherche à rendre public ce qui relève de l’intime. Pour un regard extérieur, les signes restent énigmatiques, mais accompagnés de leur légende, ils rendent la rue lisible d’une manière différente. L’œuvre invite à réfléchir aux peurs liées à la migration ainsi qu’à la pression croissante exercée sur notre vie privée.

Le mythe du code des voleurs

Depuis des années, les médias européens mettent le public en garde contre d’étranges marques apparaissant sur les murs, les poubelles, les portes et les trottoirs à proximité des habitations. Cercles, lignes, carrés, ondulations, signes barrés. Ces symboles cryptiques, souvent dessinés à la craie, dans le sable ou à l’aide d’allumettes, peuvent sembler anodins ou insignifiants, mais les services de police avertissent qu’ils feraient partie d’un code utilisé par des criminels itinérants pour échanger discrètement des informations sur une habitation. Différents dictionnaires de ce supposé langage des voleurs circulent en ligne. Maison sécurisée. Déjà cambriolée. Bon butin. Femme seule. Trop risqué. Habitants fortunés.

Il existe un précédent historique. Il y a plusieurs siècles déjà, certaines maisons étaient marquées. Des graffitis permettaient d’indiquer quels foyers étaient disposés à accueillir des personnes sans domicile fixe. Ce langage visuel hybride aidait les personnes en déplacement à survivre en leur indiquant où trouver de la nourriture, de l’eau ou un abri. C’était une langue de la route. Les symboles désignant la police, la prison ou les problèmes étaient copiés et adaptés sans cesse. Il n’existe toutefois aucune preuve concluante que de tels codes soient encore utilisés aujourd’hui par des personnes itinérantes. Les marquages réalisés par les services publics ou par des enfants continuent néanmoins d’alimenter cette légende urbaine.

Confusion à Zottegem

Lorsque Inghels a commencé à utiliser ses craies dans les rues de Zottegem, un communiqué de la police et du bourgmestre a rapidement suivi plusieurs signalements de riverains inquiets au sujet d’un supposé langage de voleurs. Après une enquête approfondie, la police a conclu qu’il s’agissait en réalité du travail d’un artiste. Maarten Inghels a alors commencé à se sentir coupable.

À propos de Maarten Inghels

Maarten Inghels est artiste visuel, écrivain et poète. Sa pratique interdisciplinaire explore les frontières de la fiction à travers des romans, des performances, des sculptures et des installations dans l’espace public.

Avec The Invisible Route (2017), il a créé des cartes urbaines destinées aux piétons, indiquant l’emplacement de toutes les caméras de surveillance afin de permettre de traverser la ville sans être vu, à l’ère de la surveillance généralisée. Ses sculptures et performances, comme le monumental SAVE OUR SOULS (2022), composé de 160 tonnes de sable, ou son voyage sur un radeau en polystyrène en forme du mot WATER (2018), témoignent d’un dialogue constant entre langage, espace et communauté.

En tant qu’auteur, Inghels a publié plusieurs romans et recueils de poésie nominés notamment pour le prix Herman de Coninck, le BNG Literatuurprijs et le prix Vincent Van Meenen. Avec Het mirakel van België (2021), il a écrit un roman hybride sur sa relation éprouvante avec le plus grand escroc du monde. Hannibal & Gideon (2025) propose une reconstitution aventureuse du voyage d’un éléphant à travers les Alpes, sur les traces d’Hannibal. Achttien (2026) est un portrait fictif de la princesse héritière Élisabeth de Belgique et un éloge de l’imagination. De 2016 à 2018, il a été poète de la ville d’Anvers, et ses poèmes ont pris la forme de tatouages, de plantations et d’enquêtes publiques.

Informations pratiques

Période : du 25 septembre au 25 octobre 2026
Preview : jeudi 24 septembre 2026, 18:00–21:00
Lieu : Muhka, étage +5, INBOX
Adresse : Leuvenstraat 32, 2000 Antwerpen
Accès : gratuit


Production

Ce projet est cofinancé par l’Union européenne, le Gouvernement flamand et la Province de Flandre orientale dans le cadre du programme de développement rural LEADER, et a été coproduit par MÛR Galerie à Zottegem (commissaire : Bram Antheunis).

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