Dans Anamnesis, Tarik Kiswanson a réuni poésie, performance, sculpture et vidéo dans une exploration sensorielle de la mémoire, de l’identité et du temps. À travers des formes en lévitation et des textes superposés, l’artiste invitait le·la visiteur·euse à réfléchir à qui nous sommes, ce que nous retenons — et ce que nous oublions.
+++ Cette exposition s’est tenue du 14 mai au 21 août 2022. +++
Tarik Kiswanson est artiste visuel et poète. Tout au long de son œuvre, il aborde des thématiques telles que le déracinement, la mémoire, l’apprentissage, l’héritage et la construction de l’identité. Son travail s’inscrit toujours à la croisée de différents contextes culturels, traditions et langues, posant des questions fondamentales telles que : qu’est-ce que l’héritage ? Qu’est-ce que le corps ? Comment fonctionne la mémoire ? Et comment ces notions sont-elles affectées par le déplacement et le passage du temps ?
L’exposition Anamnesis au Muhka réunissait dessins, sculptures, vidéos, sons, performances et poésie. Le terme anamnesis – en français anamnèse – renvoie à l’idée que l’on se remémore des instants d’une vie antérieure. La mémoire fonctionne de manière non linéaire et reproduit des passages en apparence insignifiants ainsi que des fragments profondément enfouis. Le philosophe français Roland Barthes définissait l’anamnèse comme « l’action […] par laquelle le sujet tente, sans l’agrandir ni la faire vibrer, de retrouver une légèreté de la mémoire : c’est le haïku lui-même ».
L’un des thèmes centraux d’Anamnesis était la notion de lévitation, explorée à la fois comme phénomène physique et comme état mental ou émotionnel. L’exposition se composait de différentes constellations d’œuvres et de « formes primaires » conceptuellement reliées entre elles. Ces œuvres redonnaient forme au temps tout en transformant notre perception et notre expérience corporelle de l’espace d’exposition.
Performances dans l’espace d’exposition
Kiswanson a développé pour cette exposition une performance en collaboration avec Mehdi Ben Ayad, un jeune Belgo-Marocain avec lequel il avait déjà travaillé en 2020 pour le film The Fall. Dans cette performance, son recueil de poésie The Window (2022) devenait la base d’un script en trois actes, interprété dans plusieurs langues. Les textes évoquaient des états sensoriels et des explorations existentielles de la condition humaine.
À propos de l’artiste
La famille de Tarik Kiswanson a émigré de Palestine vers l’Afrique du Nord en 1967, puis en Jordanie. Au début des années 1980, elle s’est finalement installée en Suède, où l’artiste est né à Halmstad. Tarik Kiswanson a étudié à Londres et à Paris. Il vit et travaille aujourd’hui entre l’Europe et le Moyen-Orient. Son œuvre puise dans sa propre expérience de migrant de deuxième génération, façonné par la vie en diaspora.
Commissaire : Joanna Zielińska
Projet soutenu par l’Ambassade de France à Bruxelles.
Coproduction avec Bonniers Konsthall.