Cet automne, une exposition majeure de Lee Bul investit deux étages entiers du M HKA
Le 13 novembre, le M HKA lève le voile sur Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui, la plus vaste exposition d’ensemble jamais consacrée à l’artiste. Lee Bul est une figure majeure de l’art contemporain, à la pratique reconnue internationalement. Avec ses installations monumentales — à commencer par Willing To Be Vulnerable — Metalized Balloon (2019), un zeppelin de dix mètres de long —, l’exposition se déploie sur deux étages du musée, une première pour une exposition monographique au M HKA.
Retraçant les développements majeurs de sa pratique, de la fin des années 1990 à aujourd’hui, l’exposition réunit plus de 150 œuvres, des dessins, maquettes et œuvres bidimensionnelles aux sculptures et installations monumentales. À travers cet ensemble d’une grande diversité, Lee Bul explore les visions modernistes et utopiques du futur, l’architecture et l’avant-garde historique.
Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui est coorganisée par le M+ à Hong Kong et le Leeum Museum of Art à Séoul, en collaboration avec le M HKA.
Une vaste exposition d’ensemble de Lee Bul fait étape en Europe
Lee Bul (°1964) s’est fait connaître à la fin des années 1980 par un travail de performance autour de la relation entre le corps, le genre et la société, dans une Corée du Sud en pleine mutation sociale et politique. À partir des années 1990, elle se tourne de plus en plus vers la sculpture et les installations architecturales, avec la série emblématique des Cyborg comme véritable point de bascule. Aujourd’hui, Lee Bul est une artiste de stature internationale. Elle a largement exposé en Europe, dans des lieux tels que la Hayward Gallery ou le Gropius Bau.
Cet automne, Anvers accueille l’unique présentation européenne de cette vaste exposition d’ensemble, Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui. L’exposition est coorganisée par le M+ et le Leeum Museum of Art, en collaboration avec le M HKA. L’exposition a été présentée pour la première fois à Séoul en septembre 2025, pour une durée de quatre mois, avant de voyager à Hong Kong de mars à août 2026. Le M HKA, à Anvers, en sera l’unique étape européenne. La tournée se clôturera à la National Gallery of Canada, à Ottawa, fin 2027.
À travers l’architecture et l’avant-garde historique, Lee Bul interroge les possibilités et les dérives de l’utopie moderniste. Quels futurs pouvons-nous imaginer ? Et comment la relation entre le corps et la société, entre l’humanité et la technologie, entre la nature et la civilisation pourrait-elle y évoluer ? L’exposition aborde ces questions à travers trois axes interconnectés : les paysages des rêves utopiques (Landscapes of Utopian Dreams), la relation entre le corps et la technologie (the Relationship Between the Body and Technology), et le processus créatif de Lee Bul (Lee Bul’s Creative Process).
“Bien que l’œuvre de Lee Bul aborde de grands thèmes, elle reste très accessible et porteuse d’espoir. C’est ce qui la rend aujourd’hui si pertinente. Le M HKA revient sur la pratique artistique de Lee Bul à travers plus de 150 œuvres issues de son atelier et de collections du monde entier. Nous sommes particulièrement heureux de présenter pour la première fois, en Europe et à Anvers, toute l’étendue de son œuvre.”
Nav Haq, Senior Curator & Associate Director au M HKA
Bienvenue dans l’univers de Lee Bul
Les installations spectaculaires de Lee Bul font de l’exposition une expérience immersive. Dans chaque salle, une œuvre-phare dialogue avec un ensemble de pièces plus modestes. L’exposition occupe deux étages entiers du M HKA – c’est la première fois que le musée consacre autant d’espace à une exposition monographique.
Parmi les pièces phares, un zeppelin de dix mètres : Willing To Be Vulnerable — Metalized Balloon, qui occupe la Puntzaal du musée. Ce dirigeable évoque l’audace inventive des avant-gardes. Le zeppelin évoque l’esprit inventif de l’avant-garde et rappelle Panamarenko, avec la même vitalité singulière et le même esprit d’invention. Avec ce vaisseau étincelant devenu symbole, Lee Bul nous interroge : que reste-t-il d’un tel rêve de progrès, une fois envolé, dans le monde d’aujourd’hui et de demain ?
La même salle accueille une œuvre de la série Aubade, qui fait surgir des paysages urbains où s’affichent des messages utopiques, projetés en espéranto, cette langue qui se voulait « universelle ».
“Figure majeure de l’art contemporain, Lee Bul a développé au fil des quatre dernières décennies une œuvre d’une ampleur et d’une profondeur remarquables, apportant une contribution significative à la scène artistique mondiale. Née d’une collaboration curatoriale entre le Leeum Museum of Art et le M+, cette exposition explore le lien indissociable entre l’espoir et l’échec au cœur du progrès humain — un thème qui résonne aujourd’hui avec une acuité particulière.”
Doryun Chong, Artistic Director, Chief Curator au M+ et co-commissaire de l’exposition
À l’étage sera présentée Aubade V, une autre œuvre de cette série : une structure en forme de tour, constituée de postes de garde démantelés, provenant de la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le message diffusé sur l’écran LED est un fait astronomique décrivant l’inclinaison de la Terre — de quoi rendre bien dérisoires, en comparaison, les conflits idéologiques entre les deux pays.
Cyborg, sa série culte de la fin des années 1990, marque son passage de la performance à une pratique sculpturale, et du corps au « corps du futur ». Dotés d’améliorations technologiques, ces cyborgs évoquent autant la statuaire classique gréco-romaine que l’esthétique de la science-fiction. Un exemplaire majeur de Cyborg est ici présenté aux côtés d’œuvres en porcelaine liées à la série.
“Portée par une passion inépuisable et une pratique en perpétuelle évolution, Lee Bul interroge le passé et le présent de l’humanité tout en offrant une vision saisissante des futurs possibles. L’exposition se déploie comme un paysage imprévisible, où souvenirs autobiographiques, récits historiques et contextes sociopolitiques s’entremêlent, invitant le visiteur à une rencontre ouverte et foisonnante avec son univers artistique.”
June Young Kwak, Head of Exhibitions au Leeum Museum of Art et co-commissaire de l’exposition
De l’atelier à l’installation
L’exposition vous ouvre aussi les portes de l’atelier de Lee Bul et de son processus de création. Une riche sélection d’esquisses, de dessins et de maquettes raconte comment ses idées naissent et prennent forme : du tout premier concept aux modèles réduits, puis aux installations grandeur nature. Sa pratique résolument manuelle donne à ce travail préparatoire toute son importance. Lisses et brillantes, ses installations semblent ultratechnologiques alors qu’elles sont, en vérité, entièrement faites à la main.
Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui est une exposition foisonnante, accessible et porteuse d’espoir, à savourer à tout âge. À l’image de Panamarenko, Lee Bul nous invite à regarder le monde avec plus d’imagination et d’envie d’inventer. Son œuvre nous entraîne dans un univers merveilleux, où le rêve, la technologie et l’architecture se donnent rendez-vous.
Étroite collaboration
Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui est coorganisée par le M+ et le Leeum Museum of Art, en collaboration avec le M HKA. Après son étape au M HKA, l’exposition poursuivra son voyage vers la National Gallery of Canada à Ottawa, où elle se clôturera fin 2027.
Lee Bul : De 1998 à aujourd’hui est co-commissariée par June Young Kwak, Head of Exhibitions au Leeum Museum of Art, et Doryun Chong, Artistic Director and Chief Curator au M+, avec Heyeon Kim, curatrice au Leeum, et Sunny Cheung, Curator of Design and Architecture au M+. La présentation au M HKA est organisée par Nav Haq, Associate Director au M HKA.
À propos de Lee Bul
Lee Bul (Corée du Sud, née en 1964) est largement reconnue comme l’artiste coréenne la plus marquante de sa génération. Formée à Séoul, elle rompt avec son parcours académique (BFA en sculpture à l’université Hongik, Séoul) pour se faire connaître très tôt par des œuvres provocantes, brouillant les genres et les disciplines, autour du corps féminin, de la beauté et de la décomposition. Depuis le début des années 2000, son travail explore la modernité utopique, l’avant-garde historique dans l’art et l’architecture, ainsi que la grandeur et la chute des idées qui prétendent réinventer le monde.
Son œuvre est profondément marquée par son enfance de fille de dissidents politiques, dans une Corée en pleine tourmente politique et sociale. Aujourd’hui entrée dans la quatrième décennie de sa carrière, elle fait figure de pionnière pour une jeune génération d’artistes inspirées par la sensibilité et les méthodes de sa pratique — de ses premières performances iconoclastes à ses installations multisensorielles et ses explorations de la matière, qui ont repoussé les limites formelles et conceptuelles des arts visuels.
L’œuvre de Lee Bul a été présentée dans de grandes institutions du monde entier, parmi lesquelles le Seoul Museum of Art ; le Martin-Gropius-Bau, à Berlin ; la Hayward Gallery, à Londres ; le Palais de Tokyo, à Paris ; le National Museum of Modern and Contemporary Art, à Séoul ; le Mori Art Museum, à Tokyo ; la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris ; le Museum of Contemporary Art Australia, à Sydney ; le New Museum of Contemporary Art, à New York ; le Leeum Museum of Art, à Séoul ; et l’Art Sonje Center, à Séoul. En 2024, le Metropolitan Museum of Art de New York a invité l’artiste à créer des sculptures pour les niches de sa célèbre façade de la Cinquième Avenue : intitulé Lee Bul, Long Tail Halo, ce projet s’inscrivait dans le cadre des Genesis Facade Commissions.
À propos du M+
Le M+ est le musée global de la culture visuelle contemporaine en Asie. Situé dans le West Kowloon Cultural District (WestK) de Hong Kong, il se consacre à la collection, à l’exposition et à l’interprétation des arts visuels, du design et de l’architecture, de l’image en mouvement et de la culture visuelle hongkongaise des XXe et XXIe siècles. Emblématique, le bâtiment du M+, sur le front de mer de Victoria Harbour, a été conçu par l’agence d’architecture de renommée mondiale Herzog & de Meuron, en partenariat avec TFP Farrells et Arup. D’une surface totale de 65 000 mètres carrés, il abrite trente-trois salles d’exposition, ainsi qu’un Learning Hub, un Moving Image Centre, un Research Centre et un Roof Garden, parmi d’autres espaces d’événements et de programmation. La façade du M+ est l’un des plus grands écrans LED au monde : chaque soir, elle présente des œuvres commandées sur la ligne d’horizon de Hong Kong. Le musée veille sur une collection permanente pluridisciplinaire réunissant des objets venus de toute l’Asie et au-delà. Parmi ses points forts figure la M+ Sigg Collection, l’une des collections d’art contemporain chinois les plus complètes au monde. Aujourd’hui, le M+ est un lieu de référence pour la recherche et la présentation de la culture visuelle contemporaine, qui suscite la réflexion et la curiosité.
À propos du Leeum Museum of Art
Réputé pour sa collection visionnaire et ses expositions dynamiques, qui traversent les siècles et les genres, le Leeum Museum of Art offre un cadre où se rencontrent la beauté intemporelle de l’art coréen traditionnel, la vitalité de la création contemporaine et le dialogue fluide de la scène artistique mondiale.
Depuis son ouverture à Hannam-dong, à Séoul, en 2004, le Leeum joue le rôle d’ancrage culturel, nourrissant le dialogue entre passé et présent pour ouvrir de nouvelles voies vers l’avenir. Le musée fonctionne comme une plateforme d’échange, jetant des ponts entre l’Orient et l’Occident, entre perspectives locales et mondiales, et inspirant des lectures neuves de l’art à travers le temps et l’espace.
Son complexe architectural emblématique — conçu par Mario Botta, Jean Nouvel et Rem Koolhaas — incarne cette mission, mariant tradition et innovation dans sa conception spatiale et architecturale. Par une programmation riche d’expositions, d’initiatives éducatives et de collaborations internationales, le Leeum continue de renforcer la présence et le rayonnement de la Corée sur la scène culturelle mondiale.
Crédits photo
Image d’en-tête : Lee Bul, Willing To Be Vulnerable–Metalized Balloon, 2015–2016. Installation view on Cockatoo Island at 20th Biennale of Sydney, 2016. © Lee Bul. Photo: Algirdas Bakas. Courtesy of the artist.