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Attributen en Substantie d’Anne-Mie Van Kerckhoven exposé à l’Elisabeth Center à Anvers.

Demain commence par un autre regard

La collection Muhka à l’Antwerp Symphony Orchestra

Comment notre regard façonne-t-il le monde que nous voyons ? L’artiste Anne-Mie Van Kerckhoven et le commissaire Jan De Vree ont réuni des œuvres de dix artistes de la collection Muhka autour de cette question. Présentées à l’Elisabeth Center, le salon d’affaires de la Koningin Elisabethzaal, elles font écho à Morgen, la nouvelle saison de l’Antwerp Symphony Orchestra.

Avec Morgen, l’orchestre envisage un avenir qui commence par l’attention portée aux autres, au monde qui nous entoure et à de nouvelles perspectives. Les œuvres apportent leur propre regard sur ce thème.

Le point de départ est Attributen en Substantie (1993) d’Anne-Mie Van Kerckhoven. Ce tableau réunit le corps, l’espace, l’image et le langage. Il associe une structure improvisée sur laquelle un modèle nu posait lors d’un cours de dessin à des intérieurs, à des figures féminines et à des mots tels que shape and control et barriers and openings. Les plaques de plexiglas bleu ont d’abord été brisées, puis recollées.

Attributen en Substantie (1993) d’Anne-Mie Van Kerckhoven à l’Elisabeth Center à Anvers | Photo : Christine Clinckx pour M HKA

Cette tension entre contrôle et ouverture traverse toute la présentation. Gordon Matta-Clark pratique des ouvertures dans un bâtiment existant. ORLAN se sert de son propre corps pour mesurer à nouveau l’espace public. Hugo Roelandt montre comment un cadre détermine notre regard sur un corps. Charline Tyberghein rend le familier juste assez étrange pour nous obliger à le regarder autrement. Chez Panamarenko, théorie scientifique et imagination se rejoignent dans un univers spéculatif.

Les dix œuvres montrent comment se construit notre regard. Les espaces que nous parcourons, les images que nous reconnaissons et les structures qui nous semblent aller de soi influencent notre compréhension du monde. Déplacer ces structures ouvre la voie à un autre regard.

C’est là que les œuvres rejoignent le thème de la saison, Morgen. Elles ne donnent pas d’image figée de l’avenir. L’Antwerp Symphony Orchestra adopte lui aussi une attitude qui laisse place à ce qui peut encore advenir. Peut-être un avenir plus doux commence-t-il par cette question : pouvons-nous apprendre à regarder autrement ?

De nouvelles lectures de la collection

À l’Elisabeth Center, les œuvres sont présentées dans un cadre consacré à la musique et à l’écoute. Les œuvres de Nel Aerts, Gordon Matta-Clark, Michèle Matyn, Lieven Nollet, ORLAN, Panamarenko, Hugo Roelandt, Charline Tyberghein, Raoul Van den Boom et Anne-Mie Van Kerckhoven proposent ainsi une autre manière d’aborder le thème de la saison.

Pour Muhka, cette présentation montre comment un changement de contexte renouvelle la lecture d’une collection. La collection n’est pas un ensemble figé, mais une ressource publique qui noue sans cesse de nouveaux liens avec les artistes, les publics, la ville et la société. En travaillant ensemble, nous partageons connaissances, œuvres et points de vue.

Morgen devient ainsi une manière d’exercer son regard : observer ce qui est là, ce qui peut changer et ce qui n’est pas encore visible.

La collection M HKA à l’Elisabeth Center à Anvers | Photo : Christine Clinckx pour M HKA
La collection M HKA à l’Elisabeth Center à Anvers | Photo : Christine Clinckx pour M HKA

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